Autour de « climat d’espoir sur la planète » – 7 décembre aux salons hoche

Vous avez dit climat d’espoir ?

A lire les conclusions du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat – le GIEC – il y a de bonnes raisons de sombrer dans une déprime profonde. Et pourtant…
Résumons rapidement : depuis le début de l’ère industrielle, nous émettons de grandes quantités de gaz dits « à effet de serre », comme le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4). Ces gaz s’accumulent dans l’atmosphère et, tout comme la couverture d’un lit dont l’épaisseur de laine augmenterait régulièrement, la chaleur qui doit s’évacuer la nuit reste en partie bloquée au sol, ce qui augmente la température moyenne du globe. Ainsi, en un siècle, la température terrestre a gagné 0,8° C en moyenne et pourrait progresser de près de 5°C d’ici à 2100… si rien n’est fait.

Autour de « climat d’espoir sur la planète » – 7 décembre aux salons hoche
Alain Cirou, consultant scientifique à Europe 1 et directeur général de l’Association Française d’Astronomie

Le responsable est connu. C’est l’Homme

L’Homme et ses industries, ses infrastructures, ses transports, son agriculture, bref, son   mode de vie qui s’est habitué à une énergie abondante et peu chère. Ainsi, l’utilisation de combustibles fossiles comme le charbon ou le pétrole est responsable d’environ 80% des émissions de CO2. L’Homme occidental – américain, européen, russe – porte une responsabilité historique. Il est rejoint aujourd’hui par la Chine, l’Inde, le Brésil et tous les pays émergents ou en voie de développement dont l’aspiration au développement copie le modèle des pays du Nord. Le GIEC estime que, au delà de 2°C, le réchauffement entraînera des perturbations majeures pour la population humaine. Fonte des glaces ; augmentation du niveau des mers et des océans ; baisse des récoltes ; multiplications des phénomènes météorologiques extrêmes ; extinctions massives de la faune et de la flore ; baisse des récoltes ; pandémies ; migrations de grandes quantités de populations. A près d’un degré de hausse, les premières manifestations de ces changements annoncés sont déjà visibles.

L’énergie du futur, pour tous, doit être « propre »

Et les buts de la COP 21, si l’on veut maintenir la température terrestre à + 2°C maximum, sont simples : il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050 et subventionner à hauteur de 100 milliards par an les pays en développement pour les aider à atteindre une neutralité carbone. Les pollueurs doivent changer leurs modes de vie. L’énergie du futur, pour tous, doit être « propre ».
La planète Terre n’est pas en danger – elle a connu bien pire – mais l’espèce humaine doit affronter la pire crise qu’elle connaît depuis son émergence. Après avoir contesté la qualité du thermomètre, tenté de le briser puis de décrédibiliser les médecins qui ont posé ce diagnostic, l’Homme a dû se rendre à l’évidence : il faut relever   le défi du changement climatique, abandonner notre vision du monde pour tenter de le changer. La COP 21 est le rassemblement des politiques. Ils vont tenter, une nouvelle fois, de signer un accord les engageant à changer les modes de production, les modes de développements économiques, le fonctionnement du système énergétique mondial. Ils vont s’interroger sur la mondialisation économique et financière dont les effets des   politiques sur le climat sont le plus souvent désastreuses.
En ignorant le long terme de partage au profit du court terme rémunérateur. Vingt ans de négociations climatiques nous ont appris à nous méfier des résultats de ces grandes messes. La France, qui accueille ce sommet de l’ONU, tente de donner un signal positif : loi sur la transition énergétique ; projets d’investissements d’avenir ; incitations au développement de ressources renouvelables ; tout cela compte.

Une nouvelle mouvance

Mais le mouvement le plus intéressant – et le plus nouveau – est celui de la prise de conscience individuelle, et de petits groupes, décidés à agir localement pour que ce vieux monde change. Partout des initiatives citoyennes et collaboratives sont prises pour se préparer, et parfois contrer, les effets du réchauffement. Des mouvements dont l’objectif n’est pas seulement de s’adapter, mais aussi et surtout de modifier nos comportements de citoyens et de consommateurs. D’inventer un autre mode de vie, délivré du consumérisme outrancier, dans un lien renouvelé avec la Nature et les autres espèces vivantes.
L’Homme est cet animal paradoxal, capable d’écrire des opéras, de lever les yeux vers les étoiles – sans y voir de terres de secours – et de se transcender dans les arts, tout en détruisant ses semblables, ainsi que la biodiversité animale et végétale, jusqu’à menacer sa planète de stérilité en déclenchant le feu atomique.
L’Homme, de par son existence et son comportement, pose la question du sens. Et le carrefour auquel il est arrivé lui impose aujourd’hui un choix simple : changer – en paix, avec les énergies et l’inventivité de chacun – ou se voir imposer un changement brutal, de par la violence des événements qu’il aura provoqués. L’heure est importante car il existe encore un choix. Donc de l’espoir, non ?!

Alain Cirou, Consultant scientifique à Europe 1 et Directeur général de l’Association Française d’Astronomie

Alain Cirou partage avec Jayanti Kirpalani un dialogue sur « Climat d’espoir sur la  planète » le lundi 7 décembre à 19h30 aux Salons Hoche. L’entrée est libre.

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samedi 20 octobre 2018
Le plus grand défaut est de voir les défauts des autres.