Lumières

Que la lumière soit… et les ennuis commencent !

Oh, bien sûr, la lumière est en tout et partout, on la retrouve, sous une forme ou une autre, dans toutes les traditions religieuses, et sans lumière point de salut ou presque !

En Inde, c’est Diwali (ou Deepavali), le festival des lumières, dont le véritable sens est la « rangée de lumières » qui rappelle le chemin de lampes fait à Rama par les habitants d’Ayodhya pour éclairer son retour dans sa capitale avec son épouse Sita qu’il a reconquise de haute lutte sur le démon Ravan, lui-même brûlé vingt jours auparavant lors de Dussehra.

Outre Lakshmi et les deux avatars de Vishnu que sont Krishna et Rama, Diwali célèbre également Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, fils de Shiva et de Parvati, qui est « celui qui écarte les obstacles de l’ego »… Tout un programme !

Ravan trône avec ses dix têtes et ses vingt bras représentant les grands égarements de l’homme et de la femme, ou la grande illusion (Maya) d’une conscience qui a oublié que sa vraie dimension est avant tout spirituelle.

Avec Brahma, dieu de la création, et Shiva, dieu de la destruction, Vishnu, dieu de la préservation, fait partie de la trinité de l’hindouisme qui a peu à peu remplacé dans la ferveur populaire la trinité védique que constituaient Agni (le feu), Vayu (le vent) et Surya (le soleil). Ces trois divinités sont chacune accompagnées de leur shakti, la déesse qui leur est associée, celle de Vishnu étant Lakshmi qui personnifie la richesse intérieure et la prospérité.

Or, la véritable lumière, celle qui parle la langue de la spiritualité, est la lumière intérieure.

C’est bien elle, « la lumière qui fut » !

C’est celle de la beauté intérieure.

Que serait le monde si nous pouvions tous voir notre propre beauté intérieure ! Non seulement, ce serait un ravissement de tous les instants mais nous apparaîtrait aussi très clairement la beauté intérieure de tous ceux que nous rencontrons.

C’est toujours pour moi un sujet de grand étonnement de constater que je vois clairement la beauté intérieure de la personne qui est en face de moi, que d’ailleurs tout le monde ou presque la voit, mais qu’elle-même est souvent incapable de la voir !

Pourquoi cela ? Et que peut-on faire pour y remédier ?

Si j’avais la réponse à cette question, je me prendrais pour Dieu. Ce qui n’est pas le cas. D’ailleurs, je ne voudrais pas être à Sa place tant la tâche est ardue !

Vouloir convaincre des gens qu’ils sont beaux alors qu’eux-mêmes se trouvent laids ! C’est être soit très naïf, soit bon à enfermer !

Je ne dis pas que je ne vois pas aussi le reste, les défauts et tous ces machins-là, l’annonce des problèmes qui pourraient me rendre la vie compliquée si je m’y attachais, je les vois donc, mais je m’intéresse à ce qui se cache derrière les travers ordinaires et les doutes, derrière la façade.

En fait, je me sens l’âme d’un peintre de la beauté intérieure.

D’ailleurs, en aquarelle, la lumière est ce qu’on ne peint pas. En outre, on ne peut pas vraiment contrôler le résultat final de l’alchimie subtile qui se trame entre le pigment, l’eau et le papier.
Pour soi, c’est pareil. Plus j’essaie de tout contrôler, moins je vois ce qui est évident. Le blanc du papier n’est pas beau en soi mais il le devient dès lors que je lui fais jouer le rôle de lumière au milieu des autres couleurs.

J’ai rencontré ma beauté intérieure un beau jour au détour d’une méditation. Expérience inoubliable ! Il s’agissait d’invoquer « ma forme parfaite ». Le terme peut sembler impropre ; on pourrait le remplacer par « ma forme angélique » ou « mon alter ego spirituel ».

Peu importe ! Toujours est-il que m’apparut, venue de nulle part, une créature de rêve avec de grands yeux à la Walt-Disney, irradiant tellement d’amour, de majesté, de légèreté et de bonheur. Par delà la dimension subtile où elle se trouvait (et où, j’espère, elle se trouve encore), nos doigts se sont rencontrés comme sur la fresque du plafond de la chapelle Sixtine et elle me dit avec une grande douceur : « Je suis qui je suis grâce à toi, grâce à ce que tu es aujourd’hui ».

Depuis, je retrouve régulièrement ma beauté intérieure. Je n’ai aucun doute sur son existence même si je ne m’attendais pas du tout à une telle volupté spirituelle ! Elle est bien là, toujours avec moi ou en moi, toujours prête à s’exprimer pour peu que je lui laisse reprendre la main… toujours cette vieille histoire de contrôle sans qui le plus fragile, le plus vulnérable mais aussi le plus précieux pourrait s’exprimer librement, en toute situation.

Je crois bien que c’est Mauriac qui évoquait les gens qui vivent en coulisse de leur vie… les morts-vivants !

C’est peut-être pour cela que la croyance populaire a tendance à célébrer la fête de tous les saints avec celle des morts, Halloween, Diwali, Dussehra…

Bref, je ne saurais trop vous encourager à partir à la recherche de votre propre beauté intérieure.

Pas besoin d’aller bien loin : elle est là sous vos yeux… en fait, légèrement au-dessus et à l’intérieur ! Première à droite et tout droit !

Arnaud Leduc

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Pensée du jour

La pensée du jour

Sunday 24 September 2017
Rien n’est aussi important dans ce monde que de rester digne.